Sources
D'où viennent les données métocéan
Quatre familles de sources coexistent, aux qualités opposées. Aucune ne suffit seule.
Mesures in situ
Bouées houlographes, courantomètres ADCP, marégraphes, mâts de mesure. C'est la référence, la seule observation directe du site. Elle est aussi la plus rare : une campagne dépasse rarement un à deux ans et comporte presque toujours des lacunes.
Observations satellite
Altimétrie et diffusiométrie donnent une couverture globale du vent et de la hauteur de vague. La résolution temporelle reste grossière et la donnée se dégrade à l'approche des côtes.
Modèles numériques
Les modèles de vagues et de circulation océanique (WAVEWATCH III, HYCOM) et les modèles atmosphériques (WRF) produisent des champs continus en espace et en temps. Ils comportent des biais qui doivent être quantifiés puis corrigés sur les mesures disponibles.
Réanalyses
Une réanalyse comme ERA5 rejoue plusieurs décennies avec un modèle et une méthode d'assimilation constants. C'est la seule façon d'obtenir une série longue et homogène, condition indispensable à toute estimation d'événement rare.
Exemple de donnée reconstruite : vent issu de la réanalyse ERA5 et houle issue d'un modèle de vagues, croisés sur un même point de la mer d'Iroise pendant la tempête Ciarán (novembre 2023). Le vent culmine à plus de 33 m/s le 2 novembre ; la houle atteint son maximum quelques heures plus tard et met quatre jours à retomber, alors que le vent est déjà tombé.
L'essentiel du travail se joue précisément là : croiser ces sources, quantifier les biais de chacune, corriger les modèles sur les mesures disponibles, combler les lacunes sans fabriquer d'information. Une donnée métocéan exploitable est toujours une donnée reconstruite, et cette reconstruction doit être documentée pour être défendable.